De Lomé à New York… en passant par Bièvres. Rencontre avec Manuela Santos

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Jusqu’au 11 février prochain, la librairie-restaurant Mille Feuilles, à Bièvres, expose des tableaux du Togolais Michel Adjaï Santos [1930-2014]. Nous étions à son vernissage le 20 janvier dernier. L‘occasion d’y croiser la conteuse Sylvie Mombo, invitée à y raconter des contes en lien avec l’œuvre de cet artiste atypique. L’occasion aussi de faire connaissance avec la fille de ce dernier (avec l'écharpe rouge sur la photo), à l’origine de cette double initiative. Voici son témoignage recueilli sur le vif.

- Si vous deviez présenter en quelques mots l’artiste dont des tableaux sont exposés ici ?

Michel Adjaï Santos était un artiste atypique. Economiste et juriste de formation, il a appris la peinture en autodidacte, exerçant, le jour, ses activités professionnelles de journaliste radio puis de diplomate (il a été Haut Fonctionnaire des Nations Unies à la Commission Economique pour l’Afrique, à Addis Abeba, Genève et Dakar). La nuit, il renouait avec ses racines africaines, laissant libre cours à son imaginaire. Il aura exposé dans différentes villes d’Afrique (Addis-Abeba Dakar, Lomé, Ouagadougou) et des Etats-Unis (Washington et New York).
ManuelaSantos2018PaysageMon père était un homme ouvert, curieux des autres, très observateur. Il a aimé découvrir les cultures des pays africains où il a séjourné – il parlait plusieurs langues. Il s’est nourri au contact de différents peintres sans chercher à appartenir à une école en particulier. Ce dont témoignent bien ses tableaux, de styles très différents. Je précise encore que la peinture ne fut pas sa seule passion. Il aimait aussi la musique, le jazz en particulier. Il aimait également écrire [en illustration, Manuela Santos devant une toile de son père].

- Qu’est-ce que cela fait d’être la fille d’un artiste aussi atypique ?

Une de ses filles ! (il en eut deux et je suis l’ainée). Avoir un artiste pour parent, ce n’est pas toujours facile. Je peux en témoigner ! Mais je garde le souvenir d’une grande exigence, qu’il a su nous transmettre à ma sœur et à moi. De même que ce sens de l’observation et de l’écoute qui le caractérisait aussi.

SylvieMombo200118Portrait- Qu’est-ce qui vous a incitée à solliciter la conteuse Sylvie Mombo [en illustration, ci-contre] ?

Comme je vous le disais, mon père aimait écrire, et des contes en particulier. Solliciter une conteuse se justifiait donc, d’autant que je voulais éviter de donner un tour trop solennel à ce vernissage. J’ai aussitôt pensé à Sylvie que je connaissais pour avoir assisté en 2008, au spectacle qu’elle avait donné à Palaiseau, « La Source écarlate ». Spectacle dont la portée universelle des messages qu’il délivrait m’avait beaucoup plu. Pour les besoins du vernissage, je lui avais proposé de prendre le temps de découvrir la peinture de mon père en lui laissant la liberté de décliner selon qu’elle serait touchée ou pas…

- Manifestement, elle l’a été…

Oui. Et moi aussi, tout comme le public, venu nombreux, par son exceptionnelle présence et sa capacité à nous faire voyager, non sans humour, comme mon père pouvait le faire quand il nous racontait des contes.

- Pourquoi ne pas avoir proposé à Sylvie Mombo de puiser dans les siens ?

Parce qu’il me faut juste retrouver les manuscrits de mon père dans ses nombreux cartons d’archives ! Dès que ce sera fait, je ne manquerai pas de demander à Sylvie de les conter.

- Un mot sur le choix du lieu, la librairie-restaurant Mille Feuilles, située à Bièvre, alors que vous êtes Parisienne…

C’est un endroit dont on m’a parlé en des termes qui m’ont donné envie de le découvrir. Un lieu original s’il en est : on peut tout à la fois s’y restaurer, lire, exposer… et faire des rencontres. Nul doute que mon père aurait été ravi de le connaître.

- Vous avez beaucoup parlé des autres jusqu’à présent. Mais, vous, qui êtes-vous ?

Je ne suis ni peintre ni artiste. Tout juste chanteuse amatrice, fan de musique et de jazz en particulier. Mais mon plaisir à moi, c’est la rencontre des autres. Un autre héritage de mon père !

Pour ceux qui veulent se faire une idée du talent de Sylvie Mombo, nous renvoyons à la vidéo de son talk TEDx Saclay récemment mis en ligne. Pour y accéder, cliquer ici.

A lire aussi le premier entretien qu’elle nous a accordé –cliquer ici.

Merci à Cécile Levraud, étudiante en école de cinéma, pour les photos qui illustrent cet article.

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