De l’eau du Plateau de Saclay aux Fontaines de Versailles

Une plaquette richement illustrée et documentée qui vous dit tout ce que vous vouliez savoir sur les Etangs et Rigoles du Plateau de Saclay : leur histoire, leur contribution aux équilibres naturels, les projets de réhabilitation dont ils font l’objet…

Sans eux, le parc de Versailles aurait perdu de son attrait. Eux, ce sont les étangs et les rigoles aménagés à et sur plusieurs kilomètres, pour en alimenter les fontaines en eau. Ils ont été conçus à partir des années 1680 par l’architecte Thomas Gobert (1630-1708). Si on se représente bien ce que peut être un étang, il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une rigole (qu’en son temps on écrivait avec deux « l ») désigne « un canal trapézoïdal étroit en pente douce assurant l’écoulement des eaux, qui (…) a le statut de cours d’eau. » Sur le Plateau de Saclay, on n’en compte pas moins d’une demi-douzaine, toutes baptisées : la Rigole de Favreuse, la Rigole des Granges, la Rigole de Corbeville, etc.  (et à peine plus d’étangs).

Un riche patrimoine

Aujourd’hui, les fontaines du parc sont alimentées par d’autres moyens « modernes » qui ont rendu inutile le système qui avait pourtant traversé les siècles (il a été en service jusqu’au début des années 1950 !). Les étangs et les rigoles n’en constituent pas moins un intérêt patrimonial, mais aussi pour la biodiversité ou la protection contre les risques d’inondation.

L’Association des Etangs et Rigoles du Plateau de Saclay (ADER) poursuit donc son patient travail d’information sur cet héritage du XVIIe siècle, en vue non seulement de sa réhabilitation, mais aussi de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco (dans le cadre de celui de Versailles), à travers une nouvelle publication richement illustrée et documentée, malgré son format (une soixantaine de 60 pages).

Si le système hydraulique du Plateau de Saclay a résisté aux outrages du temps et à l’urbanisation (à la différence de celui créé sur les Plateaux de Trappes et de Bois-d’Arcy), il y avait urgence : ses rigoles ont été abîmées ou laissées à l’abandon. Une situation qui s’est déjà traduite par de récentes inondations dont jusqu’ici les vallées avaient été préservées (cf les inondations intervenues à Villiers-le-Bâcle, Châteaufort et Gif-sur-Yvette, en 2007), ou par la submersion de terres agricoles (comme celles intervenues en février et juin 2013 suite à la coupure de drains, sur la commune de Saclay).

La publication ne se limite pas pour autant aux seuls étangs et rigoles. Car le système comporte aussi des aqueducs aériens (dont celui de Buc) et souterrains, des pavillons de garde rigole ou de l’aqueduc, les bornes du domaine royal… Sans compter la kyrielle de fermes qui ont pu prospérer grâce à la fertilité des terres (assurée par un limon épais et toujours frais) : la Ferme du Trou Salé, la Ferme de Viltain, la Ferme de Toussus…. Toutes plus impressionnantes les unes que les autres, moins par leur apparence que par leur taille. A titre d’exemple, celle-ci pourrait contenir le donjon de Vincennes et ses douves. Si certaines ont été investies par le passé par des équipes de recherche (la ferme du Moulon, par exemple, qui accueille des agronomes), d’autres sont encore en activité et participent même au renouvellement des pratiques agricoles et maraîchères (cf la cueillette de légumes, de fruits et de fleurs, à la Ferme de Viltain pour ne citer que cet exemple).

Un projet de réhabilitation en bonne voie

Etablie par un collectif de spécialistes de divers domaines (de la géologie à la biodiversité en passant par l’hydrologie, l’archéologie…), la publication rend compte de bien d’autres aspects du Plateau, dont sa vocation scientifique affirmée à partir du lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec l’installation d’organismes de recherche (le CEA et plus récemment le Synchrotron), puis d’établissements d’enseignement supérieur (École polytechnique, HEC, Supélec,…), et confortée par le projet de création du Campus Paris Saclay et l’arrivée d’autres grandes écoles et centres de recherche.

Loin de s’opposer, les deux logiques à l’œuvre sont complémentaires. C’est en tout cas l’idée que défend l’ADER en faisant observer que le rayonnement assuré par l’inscription des étangs et des rigoles au patrimoine mondial de l’Unesco ne pourrait que servir la cause de ce campus, en contribuant à sa propre visibilité internationale.

L’ADER a déjà récolté les fruits de ses efforts : les pouvoirs publics ont décidé de lancer un programme de réhabilitation pour remettre le système hydraulique des étangs et rigoles du plateau de Saclay. En 2001, les collectivités locales concernées (Région et Départements) et l’Agence de l’Eau s’accordaient autour de la nécessité de rétablir les continuités des rigoles coupées par les aménagements urbains, remettre en état les aqueducs souterrains et entretenir les étangs. En 2010, l’EPPS se voyait confier par le Préfet de Région le soin de mener une Etude Globale de la Gestion de l’Eau (EGGE) en association avec les acteurs du territoire. Finalisée en septembre 2012, cette étude définissait plusieurs principes de gestion sur la base d’une réhabilitation de l’ensemble du réseau.

L’ADER n’en continue pas moins d’être une force de propositions nouvelles. Comme celle consistant à reconnaître ce même réseau comme le support possible à une « écomobilité » : en effet, moyennant le rajout de tronçons transversaux, il pourrait, en plus d’être un lieu de promenades et de randonnée, fournir « des liaisons pour les déplacements quotidiens entre les divers centres de vie du plateau ». A suivre, donc.

Pour se procurer la publication, s’adresser à : ADER BP37, 91430 Vauhallan

E-mail : a-d-e-r@wanadoo.fr

Voir aussi le site de l’association Colos, en cliquant ici (www.colos.info)

A lire aussi le portrait en deux parties que nous avions consacré au président de l’ADER, Gérard Delattre (cliquer ici).

Photo d’illustation : Aqueduc de Buc ; crédit : Diafor

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