Cerisy-Saclay, le témoignage d’une double diplômée Sciences-Po/HEC, Renée Zachariou

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Suite et fin de nos échos au colloque "Archéologie des media et écologies de l'attention", organisé du 30 mai au 6 juin, au Centre culturel international de Cerisy, et auquel ont participé des diplômés du campus Paris-Saclay, à travers, cette fois, le témoignage de Renée Zachariou, titulaire d’un double master Sciences Po/HEC.

- Si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Je viens d’être diplômée de Sciences Po/HEC. Je connais donc un peu Paris-Saclay pour avoir passé un an (ma 4e année) sur le campus de Jouy-en-Josas. Je souhaiterais travailler dans le secteur de la culture en mettant à profit ma formation en management, mais aussi une licence en histoire de l’art.

- Comment vous êtes-vous retrouvée dans le groupe Cerisy-Saclay ?

Je l’ai rejoint un peu par hasard, par le truchement de l’amie d’une amie. J’ai été aussitôt emballée par le projet en espérant juste qu’il fût encore possible d’y participer. J’ai adressé un email à tout hasard en faisant part de mon vif intérêt. Par chance, j’ai été accueillie à bras ouverts. Le fait de contribuer à un projet en travaillant avec des ingénieurs m’intéressait particulièrement. Dans le cadre d’un échange, j’ai, pendant un an, suivi des cours au MIT. Je m’y suis fait des amis parmi des élèves ingénieurs ou se destinant à la recherche.

- Qu’est-ce qui vous avait le plus intéressé, entre la problématique du colloque et la perspective de découvrir Cerisy ?

Je ne connaissais pas Cerisy. Ni les travaux d’Yves Citton. En revanche, la problématique du colloque avait retenu mon… attention, si je puis dire.

- Rappelons que la participation au colloque a été précédée de plusieurs réunions préparatoires…

Oui, en effet. Il y en eut pas moins de cinq. Malheureusement, je n’ai pu assister aux deux premières pour cause de stage à Londres, ni à la dernière. Mais au moins ai-je pu préparer le colloque en amont à travers notamment des textes d’Yves Citton, qui nous avaient été distribués.
Le principe des réunions était aussi de préparer en amont notre propre colloque, programmé l’an prochain sur le plateau de Saclay et à l’occasion duquel devaient être restitués les enseignements tirés de celui de Cerisy. Notre colloque portera sur l’attention et l’enseignement, au regard des sciences exactes (dominantes à Paris-Saclay).

- Revenons à Cerisy, que vous découvriez donc à l’occasion de ce colloque. Quelles ont été vos impressions ?

C’est un lieu magnifique, chargé d’histoire. Depuis les années 50, de nombreux colloques s’y sont succédé, qui ont marqué la vie intellectuelle et culturelle. J’en apprécie aussi beaucoup l’environnement : où qu’on soit au château, on peut contempler la campagne.

- Que retenez-vous du contenu du colloque ?

A priori, je n’avais pas le background pour suivre les conférences et les débats. Et pourtant, je n’ai pas eu l’impression de décrocher. Au contraire. J’ai eu le sentiment d’être comme portée par une émulation collective : au cours de ce colloque, tout le monde discute avec tout le monde, les intervenants avec les auditeurs, qui d’ailleurs partagent ensemble les moments de repas. J’apprécie particulièrement la bienveillance qui règne dans les échanges : quiconque peut poser une question sans susciter la condescendance. Non que les participants s’interdisent de critiquer, mais ils le font dans un esprit constructif. Bref, rien à voir avec l’idée que je me faisais du colloque scientifique qui ne réunit d’ordinaire que des spécialistes ne parlant qu’à leurs pairs.

- Sans compter que ce colloque-ci se déroulait sur pas moins de sept jours !

Oui. Un format inhabituel. Pourtant, on ne sent pas passer le temps. Nul doute qu’il en irait autrement si le colloque était organisé à Paris avec la possibilité pour chacun de rentrer chez soi ou à son hôtel. Ici, on forme comme une communauté, qui échange en permanence, lors des séances comme à l’occasion des repas. Ce qui ne fait que renforcer le sentiment de vivre une expérience particulière.

- Quels enseignements en tirez-vous à mi parcours ?

Je n’en ai pas encore discuté avec mes camarades et ne m’engagerai donc pas en leur nom. En revanche, à titre personnel, je soulignerai l’intérêt d’aborder les enjeux de l’attention sous des angles aussi divers. J’apprécie tout particulièrement la présence d’artistes, qui dialoguent avec des chercheurs et vice versa (plusieurs de ces artistes enseignent d’ailleurs à l’université). Naturellement, des conférences m’ont plus stimulée que d’autres, si j’en juge par la quantité de notes que j’ai prises à l’occasion de certaines d’entre elles. Mais aucune ne m’a fait regretter de m’être déplacée. J’ai pu mesurer l’intérêt de l’ouverture des échanges entre les sciences exactes et de l’ingénieur, d’une part, les sciences sociales et humaines, d’autre part.
J’ai aussi apprécié la richesse du programme au regard des formats, le mélange des genres, entre conférences et ateliers voire performances. Hier soir, nous avons visionné « Le Quattro Volte », un film de l’Italien Michelangelo Frammartino [qui décline métaphoriquement les quatre principes de l’homme, selon Pythagore : le minéral, l’animal, le végétal et l’humain ]. Une invitation à porter une autre attention à ce qui nous entoure.

- Vous mettez l’accent sur la pluridisciplinarité, les échanges entre des personnes d’univers différents, aussi bien scientifiques qu’artistiques. On ne peut s’empêcher de penser à Paris-Saclay…

J’ignore si mes camarades ingénieurs feraient un tel rapprochement. Pour ma pat, il ne me semble pas dénué de sens. A Paris-Saclay, comme ici, l’enjeu est d’apprendre à parler un peu la langue de l’autre quand bien même n’en a-t-on que des notions.

A lire aussi : les entretiens avec Yves Citton, codirecteur du colloque (cliquer ici), Laurence Decréau (cliquer ici) et les trois autres diplômés de Paris-Saclay : Baptiste Gauthier (cliquer ici), Catherine Jacob (cliquer ici) et Antoine Vidon (cliquer ici).

Un grand merci à Antoine Vidon pour les portraits qui illustrent la plupart des entretiens, dont le sien. En illustration de cet article : une séance plénière dans la bibliothèque du château.

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