« Ce que m’a appporté DRIM’in Saclay ». Entretien avec Andreï Klochko

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Nous avons déjà eu l’occasion de l’interviewer à propos de sa participation à l’édition 2016 de TEDx Saclay. A l’origine d’Airthium, un projet qui vise à développer un compresseur innovant capable de stocker et de restituer l'énergie électrique à grande échelle et à faible coût, Andreï Klochko a bien voulu se prêter de nouveau à l’exercice de l’entretien pour témoigner, cette fois, de DRIM’in Saclay dont il a été lauréat, l’an passé, et des suites positives qui en ont résulté pour son projet.

- Comment va Airthium ?

Airthium va bien ! Depuis le précédent entretien, notre start-up a recruté un jeune doctorant – pour l’heure, il est en CDD, mais j’espère bien transformer ce contrat en CDI d’ici mai 2017, ce qui permettra de bénéficier du Crédit Impôt Recherche (CIR) en mai 2018 (nous devons avancer quinze mois de salaire pour en bénéficier). Une troisième personne est en train de s’associer à nous. Déjà, un stagiaire nous a rejoint en mars pour traiter des questions relatives à la supraconductivité. Un autre devrait le faire en mai prochain.

- Qu’est-ce qui vous avait motivé à participer l’an passé à DRIM’in Saclay ?

Le principe d’une démarche collaborative, autour d’un défi lancé par un important donneur d’ordre, en l’occurrence Enedis. Nous avons ainsi eu l’occasion de passer deux jours avec des opérationnels de cette entreprise et de leur poser toutes les questions que nous voulions. Ce qui est précieux pour une start-up. De l’extérieur, en effet, il n’est jamais simple de trouver le bon contact au sein d’une grande entreprise. Nouer des liens puis les entretenir, c’est chronophage et donc une activité en soi, pour le startupper. D’où l’intérêt de ce genre d’événement, qui permet d’établir un vrai contact. Déjà, notre participation à celui organisé par Business France, au Japon, nous aura aussi permis d’identifier les bons interlocuteurs au sein d’autres partenaires potentiels.

- Et le fait d’avoir été lauréat, qu’est-ce que cela vous a-t-il apporté ?

Des liens durables avec nos interlocuteurs d’Enedis, qui nous ont impliqués dans la réflexion sur la modernisation du poste source de Saint-Aubin, pour voir comment mieux y exploiter les différents capteurs existants, en créer de nouveaux bien choisis, et rendre le tout connecté et utile, au moindre coût. Souvent, et c’était le cas, les grands groupes ont tendance à recourir à des solutions compliquées et donc coûteuses. Une start-up est plus encline à identifier des solutions simples et plus économes. Reste que les options retenues par Enedis étaient plus orientées vers l’Internet des Objets, ce qui n’est pas notre domaine de compétence. Notre apport a plus porté sur des solutions d’intégration du stockage de l’énergie.
A la suite de DRIM’In Saclay, nous avons participé à un autre concours d’open innovation lancé par Enedis (le Concours des startups et PME Innovantes d’Enedis IDF Est), qui a permis de formuler un moyen d’optimiser la rentabilité du stockage de l’électricité produite sur un site de production par des EnR. En partant de l’exemple d’une usine disposant de panneaux solaires sur son toit, nous avons proposé un système de stockage de façon à valoriser l’électricité produite pour de l’auto-consommations, mais aussi mettre à disposition le surplus en cas de besoin pour équilibrer le réseau de distribution dont Enedis, rappelons-le, assure la gestion. En somme, une solution gagnant-gagnant entre l’usine et le distributeur. Seulement, si la solution technologique est au point, elle suppose une contractualisation qu’en l’état actuel des choses, la réglementation ne permet pas. Nous avons donc, à travers notre participation, aidé Enedis à faire connaitre ce problème au régulateur dont elle dépend, dans l’espoir de faire évoluer cette réglementation. Nous réalisons, ainsi, en quelque sorte, un travail de lobbying « intelligent » car permettant de réduire les dépenses et d’augmenter la fiabilité du réseau.

- Avez-vous d’autres partenariats en perspective ?

Oui, parallèlement à notre collaboration avec Enedis, nous nous sommes rapprochés de Technip, par l’intermédiaire d’Impulse Partners. Le cœur de notre technologie comporte, derrière le compresseur électrique, une pompe particulièrement efficace, qui pourrait être utilisée sur les plateformes pétrolières afin de chasser les boues de forage.

- Participerez-vous de nouveau au DRIM’in Saclay ?

A priori non, car le seul défi qui se rapproche le plus de notre cœur de métier concerne la recherche de fuites d’air comprimé, mais il requiert des détections fines de pression sur un réseau lui-même à faible pression, de l’ordre de 8 bar pour les réseaux d’air industriels, là où notre système d’air comprimé se situe à 300 bar. Les technologies utilisées ne sont donc pas les mêmes.

- Quel conseil prodigueriez-vous aux candidats potentiels ?

Même si le défi n’est pas directement aligné sur son activité, il peut être intéressant d’y participer, ne serait-ce que pour les contacts que cela permet d’établir avec des donneurs d’ordre. Passer deux jours ensemble, cela reste un excellent moyen d’engager la conversation ! Vous avez tout le loisir de poser les questions que vous voulez. Si, maintenant, j’ai un conseil à donner aux organisateurs, c’est de bien consolider la clause de propriété intellectuelle. Un problème qui n’est pas propre à cet événement, mais inhérent à l’open innovation. Il n’est jamais simple d’attribuer la paternité d’une idée produite dans une logique collaborative, de discerner la part de chacun. En attendant, je conseille aux candidats d’échanger d’abord sur les aspects non confidentiels de leurs technologies, leurs performances, sans entrer dans le détail, et de contractualiser ensuite avec le grand-compte dès lors qu’il souhaite aller plus loin.

- Un mot encore, cette fois sur l’édition 2016 du TEDx Saclay à laquelle vous avez participé. A-t-elle eu des suites positives ?

Oui. Elle m’a permis de nouer contact avec deux autres personnes clés, Jean-Luc Achard, délégué Ile-de-France d’Enedis, et Jean-Paul Chabard, directeur scientifique de l’EDF R&D. Cela étant dit, j’attends toujours la traduction de la vidéo pour pouvoir la diffuser à l’international et aux Etats-Unis en particulier, un pays vers lequel nous lorgnons car notre marché se situe en réalité plutôt de ce côté-ci de l’Atlantique. Nous espérons au moins y ouvrir une antenne de distribution et intéresser des investisseurs, le développement de notre technologie demandant de disposer de capitaux. Nous ne désespérons pas d’en trouver aussi en France, mais dans l’éventualité contraire, il ne faudra pas hésiter à traverser l’océan, histoire de ne pas mettre nos œufs dans le même panier.

Pour en savoir plus sur DRIM’in Saclay, cliquer ici.

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