Bientôt 18 ans et déjà une vocation d’architecte. Entretien avec Pierre Ros-Guézet

PierreRosGuézetPaysage
En classe de terminale au Lycée Franco-Allemand de Buc, il a fait le choix de mettre à profit la première semaine des vacances de la Toussaint pour… faire un stage au sein de l’EPA Paris-Saclay. Au programme : visites de chantiers, réunions avec les maîtres d’œuvre et entretiens avec plusieurs des salariés de l’établissement. Une expérience qui l’a manifestement conforté dans sa vocation : devenir architecte ! Il a bien voulu nous livrer ses impressions.

- Si vous deviez vous présenter…

J’ai 17 ans (j’en aurai 18 au mois de février prochain). Je suis actuellement en classe de terminale au Lycée Franco-Allemand de Buc, que j’ai intégré dès mon CM2, il y a huit ans. Depuis tout petit, je me suis intéressé à l’architecture. Voici d’ailleurs une anecdote personnelle qui en témoigne : dès l’âge de 9-10 ans, j’adorais faire des perspectives sur ordinateur au moyen de logiciels. Je me suis depuis renseigné sur les écoles d’architecture qui pourraient m’intéresser.

- Qu’est-ce qui vous a motivé à faire un stage à l’EPA Paris-Saclay en pleine période de congés ?

Je voulais en faire un pour découvrir le métier d’architecte, mais sans savoir quand et où je pourrais le faire. En attendant de trouver une agence, ma mère m’a suggéré d’en faire un, ici, à l’EPA Paris-Saclay. J’en connaissais l‘existence et savais que ce pourrait être intéressant de le découvrir de l’intérieur. J’ai donc mis a profit les congés de la Toussaint pour y faire un stage pendant une semaine avant que la charge de travail scolaire ne devienne trop importante (je passe mon bac cette année…).

- Sauf que l’EPA Paris-Saclay n’est pas une agence d’architecture ! Certes, il est en relation avec des architectes, mais c’est d’abord un établissement d’aménagement. Est-ce à dire que votre vision de l’architecture intègre aussi sa contribution à l’urbanisme ?

C’est vrai qu’ici, c’est une vision d’aménagement et urbanistique qui prime, mais l’EPA Paris-Saclay est aussi impliqué dans les projets de conception et de construction de bâtiments. Le fait de voir comment un maître d’ouvrage travaille avec des maîtres d’œuvre peut être intéressant. Même si, ici, l’activité est éloignée de ce que je voudrais faire plus tard, le stage m’aura éclairé sur bien des aspects du métier d’architecte et des interlocuteurs avec qui il est amené à travailler. Dans la perspective de mes futures études, cela me sera utile de savoir comment les choses se passent concrètement, en particulier l’importance des réunions entre les différentes personnes impliquées dans un projet. C’est dire si je ne regrette pas d’avoir fait ce stage. D’autant moins que l’EPA Paris-Saclay l’a pris très au sérieux en me proposant tout un programme de rendez-vous, tous plus intéressants les uns que les autres. Bref, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer !

- En quoi ont consisté ces rendez-vous ?

En des visites de chantiers, des réunions et des entretiens avec plusieurs des salariés. Les visites, au nombre de trois, présentaient des problématiques à chaque fois spécifiques : la première concernait le Carré des sciences, situé dans le quartier de Moulon. Je l’ai faite avec Antoine Demolliens [Direction de l’Aménagement] que je tiens à remercier : il a pris le temps de me présenter le projet dans un préfabriqué, avant de me conduire sur le chantier. La deuxième visite a été consacrée au corridor écologique, situé dans le quartier de la Vauve – merci cette fois à Jordan El Guennouni [Direction de l’Aménagement] qui m’en a expliqué les caractéristiques ; enfin, la 3e a été consacrée au chantier de l’ENS Paris-Saclay, dans le quartier du Moulon. Merci à Benjamin Deny [Direction de l’immobilier et des infrastructures], de m’avoir permis de le voir. C’est un chantier beaucoup plus important que ceux que j’avais vus jusqu’ici. Je doute qu’une occasion comme celle-là se présentera de sitôt. J’ai pu prendre la mesure de l’impact des décisions d’un architecte sur le terrain, mais aussi de l’importance accordée aux mesures de sécurité.
En plus de ces trois chantiers, j’ai pu encore visiter le quartier Camille Claudel, en bénéficiant des éclairages de Camille Lobet, Clément Guzman et Marianne Desserrières [tous trois de la Direction de l’Aménagement] que je tiens aussi à remercier pour leur disponibilité. Cette visite m’a aussi beaucoup plu au point même de m’être dit que si j’avais juste la possibilité de visiter le résultat du travail d’architectes et de partager mes impressions, j’en serais déjà très heureux !

- Qu’en a-t-il été des autres rendez-vous ?

Ils m’ont également beaucoup intéressés. Les réunions m’ont permis de mieux comprendre les rapports entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre. Quant aux entretiens que j’ai eus avec plusieurs salariés, ils m’ont permis de découvrir des métiers et de recueillir de précieux conseils pour la suite de mes études. Le premier entretien, c’était avec Thomas Duhamel, le cartographe de l’EPA Paris-Saclay : un passionné, au point qu’il a failli me convaincre de faire les mêmes études que lui ! Puis j’ai pu échanger avec Jean-Jacques Obriot [le Directeur Immobilier et Infrastructures de l’EPA Paris-Saclay], qui m’a sensibilisé aux aspects économiques des projets d’architecture. Enfin, j’ai échangé avec Alice Taquet [Direction stratégie et innovation], qui travaille sur les questions de mobilités et notamment la place des piétons.

- Au final, vous repartez donc conforté dans votre vocation d’architecte ?

Oui et en étant plus conscient de la diversité des métiers que mobilise un projet d’architecture. Sans doute que cela influencera plus tard ma manière d’en faire : je penserai à ceux à qui elle est destinée, mais aussi à tous, les ouvriers compris, qui permettent qu’elle sorte de terre. Je repars également avec un autre choix possible d’école. Jusqu’ici, je n’avais en tête que l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Strasbourg. Suite à mes échanges avec Alice, je n’exclus pas de faire plutôt l’ENSA de Paris La Villette. Elle-même en est issue et ce qu’elle m’en a dit m’a convaincu.

- Partez-vous aussi avec une idée plus précise de ce que recouvre l’écosystème Paris-Saclay en cours d’aménagement ?

Oui. Avant de venir ici, ma mère me l’avait présenté comme le chantier du siècle ! De fait, le nombre de chantiers qui y sont lancés est impressionnant. Le fait de pouvoir les voir de près n’a fait que renforcer cette impression. J’ai le sentiment que c’est une nouvelle ville qu’on est en train de construire ici ! Je comprends mieux pourquoi ma mère s’y intéresse et s’implique autant. Je n’ignore pas les problèmes de transport – j’ai assisté à des conférences du cycle sur « Les Architectes du Grand Paris Express » [lancé en avril 2017], organisées à la Maison de l’Architecture – mais je me dis que les choses ne peuvent que s’améliorer avec le temps.

- Malgré cette semaine intense, vous ne paraissez pas fatigué ?

C’est vrai que ce fut intense : j’arrivais chaque jour à 9 h et repartais de l’EPA entre 16 h 30 et 17 h, comme dans une semaine de cours ! Mais avec autrement plus de plaisir !

- Le fait de faire des études au Lycée Franco-Allemand vous incite-t-il cependant à vivre une expérience de formation ou professionnelle ailleurs, en Allemagne en l’occurrence ?

Mon bac étant franco-allemand, je pourrais effectivement poursuivre des études dans ce pays. J’y suis incité, mais j’aimerais rester en France.

- Y-a-t-il un point que nous aurions omis d’évoquer ?

Non. Je voudrais juste encore remercier tous ceux qui ont accepté de prendre un peu de leur temps pour m’accueillir, me faire visiter un chantier ou s’entretenir avec moi de leur métier.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>