Apprendre à bien s’alimenter… sur son lieu de travail. Rencontre avec Marya Benzakour

HealthyPaysage
Suite de nos échos au séminaire du WAWlab du 11 juillet dernier sur le thème de la bienveillance, à travers le témoignage de Marya Benzakour, fondatrice de Healthy is the new cool, une start-up qui se propose d’améliorer notre bien-être au travail par une alimentation plus saine.

- Si vous deviez pitcher Healthy is the new cool…

C’est une start-up qui a vocation à promouvoir le mieux manger en entreprise par le biais de journées ou de semaines du bien-être alimentaire. Healthy is the New Cool s’articule autours de trois approches. La première consiste en des actions de sensibilisation, avec le concours de professionnels de l’alimentation – des diététiciens et des naturopathes – qui vont traiter des questions alimentaires en lien avec les modes et rythmes de travail en entreprise. Comment manger équilibré quand on a des journées chargées ? Comment “snacker” sain ? Quelle alimentation pour ceux qui pratiquent du sport ? Telles sont quelques questions auxquelles nous nous proposons de répondre.

- Une approche qui n’est pas sans évoquer une forme de coaching ?

De fait, elle y participe dans une certaine mesure, nos intervenants pouvant proposer de mini consultations, en individuel.
La deuxième approche consiste en séances de dégustation : nous offrons la possibilité de découvrir sur son lieu de travail des saveurs nouvelles, l’objectif étant de montrer qu’une alimentation saine peut aussi être savoureuse ! Concrètement, nous proposons une offre traiteur, à l’occasion des temps de déjeuner ou de petits déjeuners, différente de ce qui est proposé ordinairement. L’idée étant aussi de faire découvrir des choses nouvelles, dont on a entendu parler, mais qu’on n’aura pas jusqu’alors osé essayer.

- En quoi consiste votre troisième approche ?

En une offre d’animation, d’échange et de partage. Car si l’alimentation est une affaire personnelle, c’est aussi une pratique sociale, vecteur de rencontres et d’échanges. Nous proposons donc des animations autour de jus de fruit, d’açaï bowl – une sorte de smoothie à base d’açaï, un fruit brésilien – et d’autres produits dits « super food ».

- N’y a-t-il pas un risque à faire dresser le personnel contre l’alimentation proposée dans son restaurant d’entreprise ?

(Sourire). En réalité, l’offre proposée dans le cadre de la restauration d’entreprise a progressé et est donc loin d’être de mauvaise qualité. Les restaurants d’entreprise veillent désormais à proposer des menus équilibrés, avec des fruits et des légumes. On ne part donc pas de rien. Les personnes les plus exposées sont en réalité celles qui ne bénéficient pas d’une telle offre et sont livrées à elles-mêmes avec leurs tickets restaurant. En l’absence d’une cantine, Healthy se propose donc de travailler avec les entreprises pour mettre en place une offre alternative, sinon sensibiliser leur personnel à l’intérêt de se nourrir sainement, car c’est aussi dans son intérêt.
Cela étant dit, la révolution alimentaire ne pourra pas se faire en un jour. Le corps a besoin de temps pour modifier ses habitudes. Si donc l’on souhaite faire évoluer les comportements, il faut procéder de manière graduelle. L’offre d’Healthy est conçue dans cet esprit : elle fait découvrir des choses différentes, qui surprennent agréablement, sans chercher pour autant à bouleverser quoi que ce soit.

- Comment en êtes-vous venue au concept d’Healthy ?

A priori, rien ne m’y prédisposait. J’ai étudié la gestion à l’université Paris Dauphine avant de me spécialiser dans la finance… Mais quand j’ai commencé ma carrière professionnelle, à Paris, je me suis rendue compte que j’avais chaque jour un coup de fatigue en milieu d’après-midi et donc besoin de quelque chose pour tenir jusqu’à la fin de la journée. En général, je me satisfaisais de barres chocolatées et d’autres choses de ce genre, qui ne me permettaient pas en réalité d’avoir le carburant de qualité pour tenir jusqu’à la fin de la journée. Mais sur le moment je ne m’en rendais pas compte. C’est à Dubaï, où je me suis rendue après un intermède à Hong Kong, pour intégrer la direction financière d’un grand groupe pharmaceutique français, que j’ai découvert l’ampleur de la healthy food et plus généralement de la healthy way of life, axée sur la pratique du sport, du yoga, etc. Un mode de vie qui doit beaucoup au caractère cosmopolite de cette ville où vivent nombre d’Australiens, d’Anglais et d’Américains, très soucieux de leur bien-être. J’ai naturellement eu envie d’essayer, en commençant par changer quelques-unes de mes habitudes alimentaires, juste avec l’idée de voir ce que cela pouvait donner. Je me suis mise ainsi à me lever plus tôt le matin, de façon à disposer d’un peu plus de temps pour préparer un petit déjeuner à base de smoothies et de produits frais. Mes journées de travail s’en sont trouvées transformées ! J’arrivais plus concentrée au bureau. Des effets qui m’ont encouragée à approfondir la démarche et à en faire profiter les autres. De là la création de ma start-up.

- Au point de quitter votre emploi…

Oui, j’étais particulièrement motivée à mener à bien ce projet. J’ai donc quitté mon poste au printemps 2016, puis Dubaï au cours de l’été. J’ai créé ma start-up de retour à Paris.

- Où en êtes-vous ?

Pour le moment, nous occupons, avec mes stagiaires, un bureau partagé avec une autre start-up, dans le Sentier, à Paris, ce qui permet de baigner dans une ambiance entrepreneuriale. Mais, maintenant, je cherche un incubateur pour évoluer aux côtés d’autres start-up évoluant si possible dans le même domaine que nous, l’alimentation saine. Nous avons déjà organisé nos premiers événements et interventions dans des salles de sport pour commencer – elles sont a priori fréquentées par des personnes qui prennent soin de leur corps et, donc, sensibilisées à l’intérêt du bien manger. Nous comptons maintenant investir le monde de l’entreprise.

- Comment en êtes-vous venue à participer au séminaire WAWlab sur la bienveillance ?

La bienveillance n’est pas si éloignée des problématiques du bien manger. Puisqu’elle commence envers soi-même, comme cela a été dit, elle incline à prendre soin de corps et, donc, à être attentif au carburant qu’on lui apporte quotidiennement. Au-delà, elle implique aussi du respect à l’égard de ceux qui ont produit la nourriture qu’on consomme. En cela, elle rejoint la mindfullness, dont le WAWlab a aussi traité et qui incline à avoir conscience des différents stades qui ont conduit les fruits et légumes, de leur lieu de production jusqu’à nos assiettes.

- Connaissiez-vous Paris-Saclay avant de venir à cette journée ?

Oui, un peu. J’étais exposante lors d’un forum organisé par X-Afrique à l’attention des start-up, l’Anzisha Forum, mais sans avoir eu l’occasion de visiter les alentours. J’en avais cependant bien sûr beaucoup entendu parler comme d’un projet de Silicon valley à la française. Ce qui est de bon augure, car si ce cluster a vu la naissance de géants de l’internet et du numérique, il concentre nombre d’entreprises ayant été parmi les premières à avoir conscience de l’importance de prendre soin de ses salariés, y compris à travers le bien manger. Comme lui, Paris-Saclay devrait donc investir autant dans l’innovation technologique que dans de nouvelles manières de travail, mais aussi de s’alimenter.

- Justement, on y trouve de nombreux acteurs de la filière de l’alimentation : des start-up de la FoodTech, des centres de recherche (dont celui de Danone, situé à deux pas d’ici) et jusqu’à des incubateurs dédiés (le Food Inn Lab – pour en savoir plus, cliquer ici). Sans oublier des producteurs – agriculteurs, maraîchers… Tout cela ne vous encourage-t-il pas à vous y installer ?

(Rire). Tout ce que vous évoquez-là m’intéresse et je ne manquerai donc pas de découvrir plus avant cet écosystème !

Pour en savoir plus sur le WAWlab, cliquer ici.

A lire aussi les entretiens avec Thierry Roussel (cliquer ici), Fatima Bakhti (cliquer ici), Nicolas Dortindeguey (cliquer ici) et Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de la start-up Yogist (cliquer ici).

2 commentaires à cet article
  1. Ping : Paris-Saclay, laboratoire de la bienveillance au travail. Entretien avec Thierry Roussel | Paris-Saclay

  2. Ping : Savoir se rendre service, l’autre clé de réussite d’un cluster. Entretien avec Fatima Bakhti | Paris-Saclay

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