Horiba : « un retour aux sources »

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Le futur campus de Paris-Saclay, ce ne sont pas que des acteurs institutionnels ! Pour maximiser les synergies et dynamiser les échanges, de nouveaux groupes industriels s’installent à leur tour. C’est le cas du géant japonais de l’optique et de l’instrumentation, Horiba, qui emménage sur le site Quartier Ouest de Polytechnique (QOX) à Palaiseau. Nous avons rencontré Michel Mariton, Président et CEO d’Horiba Jobin Yvon, à l’occasion de la pose de la première pierre de leur bâtiment. Entretien.

Michel Mariton, Président & CEO d'Horiba Jobin Yvon

Tout d’abord, parlez-nous de Horiba…

Horiba est un solide groupe japonais d’origine familiale. La preuve, il est aujourd’hui encore dirigé par le fils du fondateur, Atsushi Horiba.

Pour faire simple, le métier de Horiba est l’instrumentation dans des secteurs tels que l’industrie automobile, le médical, les semi-conducteurs, l’environnement ou encore la recherche scientifique.

Nous employons aujourd’hui 5000 personnes dans le monde, dont 2500 au Japon et 1000 en France. En France, Horiba dispose de trois filiales : Jobin Yvon, que j’ai l’honneur de diriger, fait partie du groupe depuis environ 10 ans. La seconde filiale s’appelle ABX. Elle est spécialisée dans le médical et est située à Montpellier. La troisième, installée aux Ulis, travaille dans le secteur automobile.

Vous venez de poser la première pierre de votre futur établissement à Palaiseau, dans le Quartier Ouest de Polytechnique (QOX). Pourquoi s’installer sur le plateau ?

Nous avons décidé de nous installer sur le plateau pour deux raisons. La première est historique : la société Jobin Yvon, fondée en 1819 et rachetée en 1997 par Horiba, était à l’origine sise Carrefour de l’Odéon. À l’époque, l’entreprise avait pour mission de polir les lentilles et miroirs d’Augustin Fresnel, fondateur de l’optique moderne et qui officiait alors à l’école Polytechnique de la Montagne Sainte Geneviève. Aujourd’hui, la société est fidèle à son activité d’origine, l’optique. Elle est leader mondial de la diffraction. Le déménagement dans le quartier de Polytechnique est pour nous un retour aux sources. Il faut donc y voir une continuité.

La diffraction, un phénomène ondulatoire complexe

La diffraction, c’est le nom de ce phénomène par le biais duquel les ondes, qu’elles soient lumineuses ou acoustiques, dévient de leur trajectoire lorsqu’elles frôlent ou rencontrent un obstacle. Les vagues qui pénètrent dans un port en contournant une jetée sont un exemple usuel de diffraction.

La deuxième raison est évidemment d’ordre scientifique : le plateau regroupe nombre d’experts mondiaux en termes d’optique, notre cœur de métier. A titre d’exemple, Horiba travaille depuis longtemps avec l’Institut d’Optique et l’école Polytechnique. Ces relations ne peuvent que se renforcer avec le déménagement. Au delà de ça, et de manière générale, nous comptons multiplier les synergies avec les acteurs du territoire.

Avez-vous déjà eu l’occasion de creuser d’autres pistes ?

Oui, bien sûr. Certains autres projets sont en effet en cours, comme le projet « Laser Exawatt » en partenariat avec l’Institut de Lumière Extrême et le professeur Gérald Mourou. Il utilisera de très grands réseaux de diffraction, de taille supérieure à tout ce qui existe aujourd’hui dans le monde, et pour lesquels nous équipons notre nouveau site d’une salle blanche dédiée. Dans le cadre des Investissements d’Avenir, nous projetons également de poursuivre des activités dans le domaine du photovoltaïque, notamment avec des partenaires tels que Total, EDF ou le CNRS. Comme vous le voyez, l’avenir est riche de nombreuses promesses !

Justement, cet avenir, comment l’envisagez-vous ? Qu’est-ce que cela change de s’installer sur le plateau ?

Nous prévoyons trois axes clés de développement pour les 10 prochaines années, et ce, précisément, car de nombreux partenaires locaux peuvent nous aider à passer des caps :

  • La biophotonique, en collaboration avec l’Institut d’Optique ;
  • Les nano-systèmes, en étroite relation avec Nano-Innov et Thalès ;
  • Et enfin, les mathématiques appliquées. Sur ce dernier point, nous nous appuierons sur l’expertise développée par la Fondation Digiteo.

Notre emménagement sur le plateau s’inscrit donc dans le projet d’innovation ouverte que représente le projet de territoire de Paris-Saclay.

A titre personnel, je compte beaucoup sur l’animation de quartier et les échanges avec les autres acteurs scientifiques et industriels que cela induira. Les collaborateurs d’Horiba seront nombreux à animer les lieux de convivialité que sont les salles de sport, les restaurants et autres bars. D’ailleurs, dans nos nouveaux locaux, nous avons décidé de ne pas disposer de cafétéria : ainsi, nous encourageons nos équipes à sortir et partager leurs repas à l’extérieur. C’est ça aussi, l’innovation ouverte.

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